Santé de la femme "gynéco"

La consultation santé de la femme : la consultation "gynéco"

"Contrairement à ce qu’on vous a probablement laissé entendre, ce n’est pas du tout un «passage obligé» quand on est adolescente (ou quand on commence à avoir ses règles). 

Si vous êtes en bonne santé et n’avez aucun symptôme gênant,  [...] vous n’avez aucune raison d’aller consulter pour un examen gynécologique à l’adolescence, et surtout pas parce qu’on vous dit de le faire.

De même, il n’est nullement nécessaire, [...] d’aller « voir un.e médecin/sage-femme/gynécologue une fois par an.

Cet examen « de contrôle » systématique n’a aucune valeur médicale. Il ne sert à rien et vous laisse entendre que vous n’êtes pas capable de savoir si vous allez bien ou non…

Si vous n’avez aucun symptôme ou souci gynécologique, une consultation n’est jamais nécessaire. "

Alors quand consulter pour le suivi de la femme ?

"Si vous avez un souci gynécologique, vous pouvez consulter une sage-femme, un.e généraliste [plus faciles d'accès, ou éventuellement] un.e gynécologue."

Si vous avez besoin d'une contraception également. Dans ce cas, la consultation se concentre sur le choix de la contraception la mieux adaptée à votre situation, et la vérification de l'absence de contre-indication. Sauf pour le dispositif intra-utérin ("stérilet"), un examen gynécologique n'est pas nécessaire (examen lors de la pose du disposition).

Et enfin, si vous souhaitez réaliser le dépistage du cancer du col de l'utérus entre 25 et 65 ans, examen recommandé, non obligatoire, il faudra réaliser un examen gynécologique pour réaliser un prélèvement du col utérin (frottis).

Le Dr Fey et ses internes (le plus souvent des femmes) sont formées pour cette consultation de suivi de la femme.


" Quelques repères pour la consultation gynécologique

Les professionnel.les de santé sont à votre service. C’est à vous de dire ce que sont vos besoins. À elles et eux d’y répondre au mieux dans la mesure de leurs moyens (et de leur compétence). Ce sont vos demandes qui doivent guider leurs propositions.

•Votre corps vous appartient. Nul n’a le droit d ’y toucher sans votre consentement. Pas même un.e professionnel.le de santé.

•La personne qui vous reçoit en consultation a pour obligation professionnelle d’être bienveillante, attentive, courtoise et dénuée de jugement à votre égard. Elle doit répondre à vos questions de manière précise et intelligible. Elle n’a pas le droit de vous faire peur, de vous humilier, de vous faire la morale ou de vous imposer quoi que ce soit. Vous devez vous sentir respectée et en parfaite confiance.

•À tout moment, vous pouvez refuser de répondre à des questions, relever des comportements inappropriés, et décider de mettre fin à la consultation en vous levant et en quittant la pièce.

•Une consultation "gynécologique" [consultation de suivi de la femme] ne nécessite pas nécessairement un examen gynécologique. Si l’on vous propose un examen gynécologique, il faut que celui-ci soit justifié. Il ne peut pas s’agir d’un examen « pour rassurer le médecin » si vous-même n’avez pas besoin d’être rassurée…

•Si vous acceptez d’être examinée, vous n'êtes nullement tenue de vous déshabiller complètement. Vous êtes en droit de n’ôter que les vêtements qui gênent l’examen.

•Il n’est pas indispensable de vous examiner allongée sur le dos. Vous pouvez demander à être examinée en position assise, ou couchée sur le côté, si c’est plus confortable pour vous.

•Tout examen ou geste nécessite votre consentement préalable. Votre consentement peut être retiré à tout moment, et un examen ou un geste douloureux doivent cesser immédiatement.


Les examens de dépistage gynécologique

Le frottis du col utérin

C’est l’examen de prévention du cancer du col de l’utérus; ce cancer (de moins en moins fréquent grâce au dépistage) concerne surtout des femmes ayant plus de 45 ans; la plupart des anomalies du col dépistées avant l’âge de 25 ans guérissent spontanément, ce qui a conduit, en l’état actuel des connaissances scientifiques, aux recommandations suivantes :

• le premier frottis du col utérin (destiné à identifier des lésions précancéreuses du col) est recommandé à l’âge de 25 ans (ou 8 ans après le premier rapport sexuel si celui-ci a eu lieu avant 17 ans).

• si le premier frottis est sans anomalie, on le refait au bout d’un an, puis tous les 3 ans. Il n’est pas recommandé (et inutile) de le faire une fois par an.

 A partir de 30 ans, on [remplace] le frottis par un test de dépistage du HPV (papillomavirus) tous les [cinq] ans. "

" Rappelez-vous par ailleurs que les généralistes (qui sont de plus en plus jeunes, et de plus en plus souvent des femmes) et les sages-femmes sont parfaitement habilité.es à assurer le suivi gynécologique courant de l’immense majorité des femmes.

Attention !

• le frottis n’est pas « réservé » aux femmes hétérosexuelles ; les femmes lesbiennes doivent aussi bénéficier de frottis et de tests HPV dans les mêmes conditions ; le cancer du col concerne en effet toutes les femmes ayant une activité sexuelle, quelle que soit leur orientation ;

• le frottis est vivement recommandé même si vous avez été vaccinée contre les papillomavirus ; en effet, le vaccin ne protège pas « contre le cancer », mais seulement contre certains virus responsables, pas de tous."


Palpation des seins et mammographie

Le cancer du sein concerne le plus souvent des femmes de plus de cinquante-cinq ans. (Dans certaines familles, des cancers du sein sont diagnostiqués avant cinquante ans, mais la majorité des femmes ne sont pas dans ce cas.)

Avant cinquante ans, et en l'absence d'histoire familiale de cancer du sein précoce, la palpation systématique des seins par le médecin n'a aucune justification médicale si vous n'avez aucun symptôme. Elle ne se justifie que si vous-même avez ressenti (par exemple) une grosseur ou une anomalie dans un sein.

Aucun examen (ni manuel, ni par radiographie) des seins n'est justifié et ne peut être proposé à une femme jeune qui ne se plaint de rien.

La mammographie de dépistage tous les deux ans est proposée à partir de 50 ans à toutes les femmes ; elle est proposée aussi entre 40 et 50 ans aux femmes ayant une histoire familiale de cancer du sein précoce. Mais elle n'a rien d'obligatoire car  [les bénéfices de ce dépistage sont faibles : diminution très légère de la mortalité du cancer du sein, au prix de faux positifs et surdiagnostic.]

L'auto-examen des seins

Avant 50 ans, l'examen des seins n'est pas nécessaire en l'absence de symptômes. Mais si vous le souhaitez, vous pouvez réaliser vous-même un auto-examen de vos seins [Les études ne savent pas dire si cela réduit le risque de mourir d'un cancer du sein].

Commencez par vous placer face à un grand miroir et vérifiez l'aspect et la couleur de la peau des deux seins, regardez si des plis, des crevasses, des boules sont apparues, ou si un sein a changé de forme par rapport à l'autre. (Il est habituel de ne pas avoir deux seins identiques...)

Pour l'examen manuel proprement dit, il est préférable de s'allonger sur le dos, et de palper sein gauche au moyen de trois doigts de la main droite, sur toute sa surface, et le sein droit de la main gauche, puis d'examiner les aisselles pour vérifier qu'on n'y sent pas des boules (ganglions).

Une boule dans un sein n'est pas forcément synonyme de cancer; cela peut être un kyste, un adénofibrome ou un abcès qui sont tous bénins. En cas de boule ou d'écoulement anormal du mamelon, il peut être utile de consulter."


NB : tout le texte entre guillemets est issue du livret "Le choeur des femmes. Un guide illustré sur leur santé intime." Disponible gratuitement sur internet Ici.

Mis à jour le 29 Mai 2022